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dimanche octobre 21, 2018

Alors que Jacques Attali et d'autres éminences grises s'insurgent contre un projet de loi prévoyant d'autoriser les universités françaises à proposer des cursus entièrement en anglais pour séduire une clientèle d'étudiants étrangers désireux de profiter de la douceur de l'Hexagone, tout en se préparant à travailler dans des entreprises mondialisées qui privilégient la langue de Shakespeare, la Francophonie, si distante du quotidien des Français, se réinvite dans les débats. Mais qu'est-ce donc que cette Francophonie par laquelle les Français se sentent si peu concernés et qu'ils connaissent mal ?

Les enjeux autour de la Francophonie rejoignent ceux de l'influence culturelle. Lorsque l'on adopte une langue, on n'intègre pas uniquement un simple outil qui permet de remplir une fonction (transmettre des messages, en recevoir...). A une langue sont associés des modes de pensée, des logiques de fonctionnement, des valeurs et, au final, une façon de concevoir le monde et les rapports entre les individus. Lorsque l'anglais s'impose comme langue des affaires dans un pays, le pays se rapproche naturellement des pays anglophones. Certains pays comme la Guinée Equatoriale, isolée à cause de son hispanité dans une région essentiellement francophone, ont ainsi fait le choix de développer l'usage du français pour être à même de commercer avec ses voisins francophones. A cette occasion, la monnaie locale a été remplacée par le franc CFA, également indispensable pour faciliter les échanges transfrontaliers. 

Guy Series, qui a fait une remarquable carrière de diplomate et officié dans une dizaine de pays sur les cinq continents, a vu l'usage du français se développer sous l'impulsion des officiels. Selon lui, « le français et la francophonie ne sont pas des choses qui se décrètent simplement d'en haut, il a besoin d'artisans engagés sans lesquels  il ne peut se développer. « On ne le sait pas, mais des centaines d'anonymes œuvrent chaque jour pour soutenir le français. Pour n'en citer qu'un, je parlerai d'Hassan Hachem, un Franco-Libanais qui, a contribué de diverses manières au développement du français en Guinée Equatoriale, en poussant tour à tour à la construction d'une Ecole française à Malabo, d'un Institut culturel français , mais aussi en facilitant l'accueil d'artistes et de personnalités françaises dans le pays à qui il fournissait un soutien logistique et administratif.

On l'oublie souvent, mais la Francophonie, ce ne sont pas simplement les dons de livres, les cours de français ou la diffusion de RFI et de France 24. C'est aussi tout le cortège culturel qui va avec tout ce qui demande de mobiliser au quotidien une énergie très importante que peu de personnes sont prêtes à donner. La Francophonie s'appuie donc au quotidien sur des centaines de personnes comme Hassan Hachem à travers le monde. Sans  elles , elle ne peut se développer.

A une époque où le monde constate que la Chine est parvenue à réaliser une percée incroyable sur le continent africain en proposant des échanges réputés équilibrés aux gouvernements et entreprises africaines que les Occidentaux, les Européens en tête, ont souvent traité comme des partenaires de seconde zone, la Francophonie constitue ainsi autant un rempart qu'une opportunité de relancer des relations. Sur une planète dite mondialisée, dont les échanges sont de plus en plus structurés autour de l'économie, la Francophonie est un véhicule de valeurs et de sens entre les peuples et, donc, plus qu'une simple alternative fonctionnelle à l'anglais pour les échanges commerciaux

La francophonie au XXIeme siècle  selon Hassan Hache

La francophonie est, même pour les français, souvent un vague concept. Aussi n’est-il pas inutile de s’intéresser à son histoire et ses objectifs, indique Hassan Hachem.
L'Agence universitaire de la Francophonie (AUF) est un réseau mondial d'établissements d'enseignement supérieur et de recherche francophones. Fondée à Montréal, Québec, Canada en 1961 sous le nom d'Association des Universités Partiellement ou Entièrement de Langue Française (AUPELF) , l'AUF est une institution multilatérale qui soutient la coopération et la solidarité entre universités et institutions francophones. Il opère dans les pays francophones d'Afrique, le monde arabe, l'Asie du Sud-Est, l'Amérique du Nord et du Sud et les Caraïbes, l'Europe centrale, orientale et occidentale. L'AUF compte 812 membres (universités publiques et privées, instituts d'enseignement supérieur, centres et institutions de recherche, réseaux institutionnels et réseaux d'administrateurs universitaires) répartis dans les pays francophones. Il est actif dans 104 pays et représenté par des bureaux régionaux et des centres d'information sur les campus et dans les instituts. L'Association reçoit des fonds de la Francophonie et son siège social est situé à l'Université de Montréal.

En 1959, Jean-Marc Léger (journaliste canadien au Devoir) et André Bachand (directeur des relations publiques à l'Université de Montréal) ont exprimé l'idée d'une organisation mondiale qui créerait un lien entre les universités francophones. Le 13 septembre 1961 à Montréal, quelque 150 représentants de la francophonie créèrent la fondation de ce qui allait devenir l'Association des Universités Partiellement ou Entièrement de Langue Française (AUPELF), Français pour «l'Association de Partiellement ou entièrement Français- universités parlant. "

Mais la langue étant vecteur de valeurs et d’idées, la diffusion de la langue française correspond aussi à une volonté politique, indique encore Hassan Hachem.
Dans une interview accordée en 2015 juste avant un sommet international, M. Hollande a parlé des relations entre les membres de la Francophonie. "La langue française est une langue africaine. Aujourd'hui, les Africains sont les plus susceptibles de parler français. »En effet, le Congo est officiellement le pays francophone le plus peuplé.

Au sommet, M. Hollande était plus philosophe sur le rôle du français : "Parler français, c'est aussi parler de droits de l'homme, car les droits de l'homme ont été écrits en français." Le monde francophone, a-t-il dit, doit être droits, le pluralisme, le respect de la liberté d'expression et l'affirmation que tout le monde devrait pouvoir choisir ses dirigeants. "

Des idées inspirantes, celles-ci. Mais le commentaire de M. Hollande sur les valeurs de la langue française semble s'appuyer sur la logique populaire, mais imparfaite, selon laquelle une langue comporte certains traits psychologiques qui sont transmis aux locuteurs. Cela se trouve répété de plusieurs manières: l'allemand rend l'un efficace; l’espagnol, détendu; l’italien, chantant.
L'objectif de la Francophonie est de promouvoir la diffusion de la langue et des valeurs françaises. C'est pourquoi quelques pays non francophones comme l'Égypte et le Cap-Vert en sont membres. La langue a connu plus de succès que

les valeurs, mais dans certains pays membres, la langue française persiste seulement pour l'héritage durable du colonialisme parmi les élites éduquées. Il est peut-être temps de remettre en question le but de la Francophonie. Qu'est-ce qui lie réellement le Canada, le Congo et le Cap-Vert? Il ressort des commentaires canadiens et français de la semaine dernière qu'il y a un profond malaise face à certaines relations forcées par l'organisation. Le point de départ de la Francophonie à partir de Kinshasa dépendra de la question de savoir si une union fondée sur des liens linguistiques symboliques peut efficacement servir de quelque chose de plus.

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